Attention ... c'est qu'un enfant...

Attention ... c'est qu'un enfant...

Approche du football des jeunes

 

1 - Que veut le jeune joueur ?

 

Plusieurs enquêtes visant à répertorier l'ensemble des raisons de la pratique sportive chez des jeunes âgés de 8 à 16 ans, montrent que les filles comme les garçons souhaitent en priorité :
  • S'améliorer ;
  • S'amuser ;
  • S'épanouir à travers leur sport favori " .

 

2 - Que doit donc faire l'éducateur pour répondre à ces souhaits?

 

Il faut qu'il crée le contexte le plus favorable afin que les joueurs dont il a la responsabilité :
  • " S'améliorent " ;
  • " S'amusent " ;
  • " S'épanouissent à travers leur sport favori " .

Il devra, pour cela, concevoir et mettre en oeuvre un projet pédagogique et un projet éducatif

3 - Projet pédagogique

 

A - L'école correspond à l'âge d'or des acquisitions.

 

  • 90% des habiletés sont acquises à 12 ans ; le rattrapage est plus long et plus difficile
  • Les enfants ont une prédisposition affective pour apprendre./
  • Le joueur de demain sera plus fort que le joueur d'hier et d'aujourd'hui
    Il y a donc nécessité de donner un bagage beaucoup plus complet et global à tous les jeunes footballeurs.
    L'excellente capacité d'apprentissage doit être exploitée pour l'assimilation de gestes précis.
ENSEIGNER est différent d'ANIMER

B - L'école de football doit être un terrain de jeu.

 

L'instinct gestuel et le besoin ludique des enfants impliquent que l'éducateur ne doit apporter aucune restriction au jeu dans son comportement et dans son programme d'entraînement.

4 - Projet éducatif

 

Le jeune sportif acquiert sur le stade un ensemble de règles de conduite et de normes comportementales qui se transfèrent dans la vie de tous les jours.
L'enthousiasme des jeunes footballeurs doit être exploité pour leur inculquer des habitudes et des attitudes qui leur serviront durant la vie entière:
  • Respect de soi ;
  • Respect du partenaire ;
  • Respect de l'adversaire ;
  • Respect des règles ;
  • Exigence ;
  • Goût à l'effort ;
  • Qualité ...

5 - Constats

 

Un pourcentage important des jeunes qui viennent s'inscrire à l'école de football représente un public privilégié pour les éducateurs. Ils sont passionnés, motivés, et très à l'écoute de l'éducateur. Il n'est pas utile de les convaincre à pratiquer le football, puisqu'il suffit de leur parler de BENZEMA, MESSI, RONALDO… pour qu'ils aient envie de courir, dribbler, shooter et marquer…

En outre, ce sont les jeunes qui représentent le plus fort pourcentage des joueurs licenciés à la F.F.F: environ, deux licenciés sur trois sont des jeunes joueurs.

Dans les différentes instances du football, aucun président, dirigeant ou éducateur ne conteste la mission éducative et formatrice évoquée précédemment. Tout le monde considère qu'il est légitime et prioritaire que les enfants s'amusent et progressent dans leur école de football.

POURTANT

De jeunes joueurs perdent rapidement le goût de pratiquer le football. Nombreux abandonnent et certains subissent un traumatisme psychologique important !

POURQUOI ?

6 - "Former des joueurs " est différent de "produire des résultats"

 

Trop souvent, le prestige du club ou celui de l'éducateur reste prioritaire par rapport aux intérêts des joueurs. L'obtention de bons résultats lors des différentes compétitions est obsessionnelle et jugée plus importante que les progrès, le degré de satisfaction et le bien-être des jeunes joueurs.

7 - La compétition oui ! Mais pas à n'importe quel prix !

 

La compétition chez les jeunes doit rester au second plan, limitée à l'aspect compétitif du jeu lui-même.

Le désir de gagner, d'être le meilleur est toujours présent chez l'enfant, et l'échec mal supporté ; mais victoire ou défaite sont vécues dans l'instant, gardant un caractère ponctuel. La compétition au long cours organisée, institutionnelle (Championnat sur une saison), n'est pas comprise par l'enfant et ne lui apporte rien.

Une importance trop grande accordée à la compétition peut nuire à la formation et à l'éducation du jeune footballeur car si gagner est l'objectif prioritaire de l'éducateur :

- Il fait jouer en priorité et le plus souvent les meilleurs !

Les chances de victoire et de bon classement leur appartiennent presque exclusivement. Les autres supportent mal cette comparaison, ce manque de reconnaissance et parfois même le rejet qu'ils subissent.
Tout le monde doit jouer !

C'est le premier droit de l'enfant !

Pas de statut remplaçant !

- Il va à l'encontre des objectifs techniques spécifiques, propres à chaque catégorie !

Savoir maîtriser son ballon est l'objectif technique prioritaire en phase d'initiation. Pourtant régulièrement, le samedi après-midi, nous entendons de la part du responsable d'équipe :

  • " Ne relance pas à la main…… ";
  • " Dégage… ";
  • " Frappe loin devant… " ;
  • " Mets le ballon en touche… "
  • Etc…

- Il va à l'encontre des objectifs généraux propres à chaque catégorie !

En spécialisant prématurément les joueurs à des postes fixes.

  • " Tu seras gardien "
  • " Tu seras libéro " …

Alors que l'objectif général pour des enfants inscrits à l'école de football, c'est l'élargissement du répertoire technique.

- Il conçoit des entraînements en priorité pour préparer le match de fin de semaine.

  • Il accorde une importance aux exercices physiques au dépend de la technique.
  • Il crée un contexte dans lequel le joueur s'entraîne pour gagner sa place. Le joueur évolue exclusivement dans le registre qu'il maîtrise, afin de jouir de la considération de son entraîneur et ainsi avoir plus de chances de jouer le Week-End. Ceci au dépend de toutes les techniques et principes de jeu qu'il doit pourtant encore acquérir.

- Il tient un discours " Guerrier "

La préparation du match se résume trop souvent à :

  • " Il faut se battre sur un terrain… " ;
  • " Le match, c'est un combat… " ;
  • " Il faut leur marcher dessus… " …

- Il est très interventionniste

  • " Donne ton ballon… " ;
  • " Centre… " ;
  • " Tire… " …

Le joueur réalise un enchaînement technique, plus par contrainte, comme un robot, que suite à une analyse pertinente du projet de jeu dans lequel il est impliqué.

- Il ne respecte pas ses joueurs

- Il ne corrige pas le joueur, il lui fait des reproches. De plus, les critiques désobligeantes s'effectuent publiquement et blessent obligatoirement le joueur.

  • " On a pris un but par ta faute… " ;
  • " T'es vraiment bon à rien… " ;
  • " T'as les pieds carrés… " ;
  • " C'est inadmissible ce que tu as loupé… " …

Malheureusement, les propos quelquefois sont encore plus injurieux et traumatisants.

- Il commet des différences relationnelles qui engendrent un sentiment d'injustice chez les jeunes.

- Il tolère de la part des meilleurs des attitudes et des comportements qu'il sanctionne chez les autres.

- Il ne donne pas la possibilité aux joueurs de s'exprimer sur la direction et les décisions qui engagent sa propre activité.

  • " Tu joueras gardien, j'ai personne d'autres… " ;
  • " T'es gaucher, tu ne vas pas très vite, tu joueras arrière gauche… " ;
  • Etc...

- Il communique une pression aux jeunes joueurs.

  • " On n'a pas le droit de perdre aujourd'hui … " ;
  • " On ne prend pas de risque " ;
  • Etc...

Cela engendre chez les joueurs " La peur de mal faire " plutôt que " l'envie de bien faire " !

- Il ne respecte pas l'éthique et les règles sportives.

  • Il conteste les décisions de l'arbitre ;
  • Il crée une relation conflictuelle avec le responsable de l'équipe adverse ;
  • Il effectue un arbitrage partial ;
  • Il falsifie les licences ou la feuille de match ;

Donc IL TRICHE …

 

CONCLUSION :

IL FAUT ETRE UN PASSIONNE DU FOOTBALL BIEN SUR MAIS IL FAUT ETRE, EGALEMENT ET SURTOUT, UN PASSIONNE DE CEUX QUI PRATIQUENT CE SPORT, QUELS QUE SOIENT LEUR NIVEAU TECHNIQUE , PHYSIQUE ET LEURS CARACTERISTIQUES PSYCHOLOGIQUES ET SOCIALES.

LA RAISON DOIT TOUJOURS ETRE PLUS FORTE QUE LA PASSION


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